Le métier d'écrivain public ne s'improvise pas, quand bien même on aurait la plume facile, le goût des mots, le souhait d'écrire pour autrui, la maîtrise du clavier, une appétence pour les relations humaines. Certes, ce sont autant de qualités et de compétences précieuses pour l'exercice de la profession ; c’est même un préalable nécessaire mais il est insuffisant pour garantir une professionnalisation de qualité quand on sait que la profession n’est pas réglementée.
Parce qu'il s'agit d'un métier aux facettes multiples, parce que l’apprentissage de chacune d’entre elles peut s'inscrire sur un temps long, parce qu'il induit une analyse réflexive de ses pratiques, parce qu'on apprend au fil de son expérience de vie et de rencontres, on ne naît pas écrivain public, on le devient.
Pour ma part, j’ai suivi des formations dispensées par des professionnels en exercice, dont l'expérience, la rigueur, le savoir-faire et la déontologie sont des relais précieux pour acquérir les compétences et les connaissances indispensables à une pratique de qualité. Comme eux, je souhaite contribuer à son rayonnement et à sa reconnaissance jusque dans la rémunération.
Dernièrement, j'ai suivi la formation "Tenir une permanence d'écrivain public" dispensée par l'Académie des écrivains publics de France (AEPF). J'y ai rencontré des confrères et consœurs, tous professionnels, désireux de se perfectionner ou d'apprendre dans un cadre expert, les fondamentaux de la pratique en institution. Les claviers ont chauffé, entre rédaction de courriers de réclamation, de résiliation, de contestation, d'explication, lettres de motivation, recours administratifs, demande de prise en charge de santé, de retraite ou formulaires administratifs et les jeux de rôle directement construits à partir de l'expérience des professionnelles encadrant la formation. J'ai été confrontée aux exigences très précises et codifiées du métier auprès d'usagers, le plus souvent démunis face à la communication écrite et à ses enjeux. J'ai bénéficié de conseils avisés pour valoriser l'exercice de ma plume en institution. Une plume qui intervient en complémentarité avec les services sociaux, numériques ou juridiques.
Une pratique au plus près des besoins des usagers, dans un temps imparti, passionnante mais très différente de celle exercée auprès de particuliers dans le cadre d’une biographie. Une étape de plus dans mon devenir d’écrivaine publique.